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samedi 3 juillet 2010


Une nouvelle génération de biopesticides




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Au Québec, depuis avril 2006, il est maintenant interdit de vendre et d’utiliser plusieurs substances chimiques entrant dans la composition de divers pesticides conçus pour l’entretien des jardins et des pelouses. Certains pesticides d’origine naturelle à faible impact peuvent remplacer avantageusement les substances bannies. Toutefois, les biopesticides sont, à mon avis, des substituts beaucoup plus intéressants du fait de leur grande efficacité et de leur innocuité. La recherche et le développement dans le domaine des biopesticides connaissent d’ailleurs présentement une évolution sans précédent.

 
 
Par Albert Mondor, collaboration spéciale
 



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Bactéries

Le Btk est un pesticide largement utilisé en foresterie, en agriculture ainsi qu’en horticulture ornementale pour lutter contre les infestations de chenilles. Cet insecticide biologique, sans danger pour les mammifères et les humains, est constitué d’une bactérie appelée Bacillus thuringiensis var. kurstaki qui détruit le système digestif des chenilles. Ce pesticide est particulièrement efficace lorsque les chenilles sont jeunes et qu’elles se nourrissent activement. C’est le Dr Wladimir A. Smirnoff qui, en 1974, alors qu’il était employé au Service canadien des forêts, a élaboré le premier insecticide à partir du Bacillus thuringiensis afin de contrer les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette qui sévissaient dans les forêts à cette époque. M. Smirnoff était tellement convaincu de l’innocuité de son insecticide biologique qu’il n’a pas hésité à en boire un verre devant une assemblée de scientifiques et d’experts forestiers!

D’autre part, en 1995, le gouvernement des États-Unis a autorisé Monsanto à mettre en marché une pomme de terre appelée NewLeafMC. Il s’agit en fait d’une pomme de terre Russet Burbank dont la génétique a été modifiée pour lui conférer une résistance au doryphore de la pomme de terre, un joli coléoptère jaune à rayures noires particulièrement dévastateur. L’ADN de la pomme de terre NewLeafMC comprend certains gènes de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt).

En 2001, Monsanto a cependant décidé de suspendre indéfiniment la recherche et le développement concernant plusieurs plantes génétiquement modifiées, incluant la pomme de terre, et de se consacrer à quatre grandes cultures seulement, soit le blé, le coton, le maïs et le soja. Malheureusement, des études réalisées par Monsanto entre la fin de 2009 et le début de 2010 ont montré que certaines populations de vers roses – larves du papillon Pectinophora gossypiella qui ravagent les plants de coton – ont développé une résistance à la toxine Bt. Avouons qu’il est plutôt paradoxal que Monsanto utilise les gènes du Bacillus thuringiensis, alors que cette bactérie a rendu de si grands services aux agriculteurs et horticulteurs bios…

Champignons

Un nouvel herbicide biologique appelé Sarritor vient de faire son apparition sur le marché horticole canadien. Il est composé d’un champignon appelé Sclerotina minor, qui vit à l’état sauvage en Amérique du Nord. Cet herbicide développé par le Dr Alan Watson, de l’Université McGill, permet de lutter efficacement contre certaines herbes indésirables qui envahissent nos pelouses, telles que le pissenlit. Ce produit se présente sous forme de granules qui contiennent les spores du champignon. Lorsque les granules sont épandus sur une herbe indésirable à larges feuilles, le champignon se multiplie à l’intérieur de la plante, puis il fractionne et décompose les tissus de cette dernière jusqu’à ce qu’ils disparaissent complètement. Ce champignon ne pose aucun risque pour la santé humaine ni pour l’environnement (www.sarritor.ca).

Vers microscopiques

Depuis quelques années, il est possible de limiter la prolifération des vers blancs dans une pelouse à l’aide de nématodes parasites. Les nématodes sont des petits vers microscopiques qui parasitent les vers blancs et les font mourir. Les pesticides à base de nématodes sont sans danger pour la santé des humains et des animaux, et ils sont faciles à utiliser; il suffit de placer l’éponge contenant les nématodes dans le vaporisateur qui est inclus à l’achat, de brancher le tout à un tuyau d’arrosage et d’asperger les zones infestées de la pelouse. Une nouvelle souche de nématodes, maintenant vendue par Bioprotec, est capable d’agir à une température aussi basse que 10°C. Ainsi, en plus de faire une application à la fin de l’été, on peut en faire une au printemps, vers la fin mai ou au début juin. Cela augmente les chances de succès qui pourront, dans de bonnes conditions, atteindre près de 80%. ( http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=7asFQYyiXiQ ).

Insectes parasitoïdes

Il existe environ 87 000 espèces d’insectes parasitoïdes dans le monde, représentant près de 10% des espèces d’insectes connues et décrites. Une caractéristique commune à tous les insectes parasitoïdes est qu’ils doivent, pour compléter leur cycle de vie, tuer leur hôte. C’est là une différence fondamentale avec les insectes parasites puisque ces derniers ne tuent pas toujours leur hôte. Les insectes parasitoïdes adultes vivent librement et se nourrissent du nectar et du pollen de diverses fleurs. Après s’être accouplées, les femelles vont pondre leurs oeufs à l’intérieur ou à l’extérieur d’un hôte. Cet hôte est généralement un oeuf ou une larve d’insecte. Les larves des insectes parasitoïdes vont croître et se développer en se nourrissant littéralement de leur hôte.

Depuis avril 2010, Rona vend des trichogrammes. Il s’agit de petits insectes parasitoïdes, semblables à des guêpes, à peine visibles à l’oeil nu. Les trichogrammes adultes pondent leurs oeufs dans les oeufs des chenilles, les faisant ainsi mourir. Ces insectes parasitoïdes sont vendus fixés à des cartes qui doivent être suspendues aux arbres affectés ou plantées dans le potager et les plates-bandes près des plantes infestées par les chenilles (www.rona.ca).



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