
Sortir de l'ordinaire à Saint-Jean-sur-Richelieu
Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Gilles Dolbec ne cachait pas une certaine fierté au mois de juillet dernier. Les résultats du sondage de la firme Léger Marketing arrivaient sur son bureau. On lui annonçait que 79 pour cent de ses concitoyens étaient satisfaits des services municipaux et du travail effectué par la Ville. De surcroît, les chiffres indiquaient que les Johannais s'avèrent plus satisfaits que la moyenne des citoyens des autres municipalités du Québec.
La ville compte près de 90 000 habitants. Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, la population y croît de cinq pour cent tous les cinq ans. « On se demandait qu'est-ce qui pouvait bien attirer autant les gens à venir s'installer chez nous. Faut comprendre qu'on doit bien s'occuper de la qualité de vie de notre monde. Finalement, ça ne doit pas être plate de vivre à Saint-Jean, » mentionne-t-il avec un sourire dans le visage.
Lui-même y a toujours vécu. Enfin, presque, il était de Saint-Luc, la municipalité voisine qui a fusionné en 2001 avec Saint-Jean et celles de Saint-Athanase, de L'Acadie et d'Iberville. Aujourd'hui, 70 pour cent de son territoire est situé en zone agricole. Avec ses espaces résidentiels, industriels, commerciaux, touristiques et culturels, la mixité de la ville est devenue un milieu de vie.
Au contraire des banlieues-dortoirs type, « on peut vivre à Saint-Jean sans devoir en sortir, » affirme-t-il. De plus en plus, les gens qui souhaitent donner un autre rythme à leur quotidien, décident non seulement d'y résider, mais en plus, d'y travailler. Ce qui est devenu la réalité de 60 pour cent des résidents.
Comme la ville fait partie des principaux circuits culturels de la province, le soir et les fins de semaine, l'animation du centre-ville avec sa nouvelle place publique, son marché des produits du terroir, ses salles de spectacles professionnnelles, ses troupes de théâtre, ses galeries et musées son cinéma et ses restaurants, dont la réputation n'est plus à faire, n'a rien à envier à la Métropole. En fait, du point de vue du Johannais c'est à la rigolade qu'il aime inverser la donne, ici, la banlieue c'est plutôt Montréal.
Bâtir pour les gens
Les résultats du sondage n'ont fait que confirmer ce dont on se doutait déjà. « Quand on ne reçoit aucune plainte dans des services comme les loisirs, le sondage se fait automatiquement, » mentionne-t-il. On comprend dans ses mots que l'équilibre du développement mis de l'avant à Saint-Jean en fait un endroit privilégié pour les familles.
On n'en apprend pas à cet ancien chauffeur scolaire sur les besoins des enfants et des familles. Dans une communauté où plus de 50 pour cent du parc immobilier est constitué de maisons unifamiliales isolées, il n'est pas question de sacrifier l'humain à la rentabilité du territoire. « Après l'école, la population veut du loisir familial. En plus d'être situés dans un milieu qui fait place au cyclisme et au nautisme, ce sont les arénas, les parcs, les piscines, les terrains de soccer et autres installations municipales qui nous permettent d'accomplir notre mandat de rendre les Johannais heureux. »
Et il semble que la répercussion de ce bonheur ne se fait pas attendre. Les nouveaux résidents attirés par la qualité de vie deviennent une main-d'œuvre potentielle qui attire à son tour de nouvelles entreprises. Récemment, on y voyait s'installer d'ailleurs la Railpower Technologies, Home Dépot et plusieurs autres. Dans le domaine résidentiel des projets de transformation d'anciennes usines amènent aussi leur lot d'activité. En conséquence, la ville se compte parmi les seules dans la province à obtenir des résultats positifs en matière de création d'emploi.
Pour Gilles Dolbec, le dynamisme de sa ville est une réussite qui se bâtit avec la population, mais qui se gère au quart de tour. La mise en application de la vision 2015 du plan stratégique de développement de la municipalité et de sa région, établie par les Johannais après la fusion des cinq villes semble déjà porter ses fruits. Et pas question de laisser aller le projet en jachère. En 2009 il compte bien solliciter un nouveau mandat et amorcer une troisième décennie en politique. De quoi s'assurer que tous tire avantage de la récolte.

